Une histoire de fistule

C’est le « jour j ». Anxieux et stressé, je prends les transports en commun pour me rendre à la clinique pour la réalisation de ma fistule arterio-veineuse : l’intervention consiste à dériver une artère sur une veine, de façon à augmenter le débit et la pression interne de cette dernière. Arrivée à 07h30, je rencontre une infirmière qui me montre une chambre, et me demande de prendre une douche avec un produit désinfectant. A 08h15, je suis conduit dans le bloc opératoire, sont présents : deux infirmières et deux stagiaires, qui vont assister à l’opération. Je demande à l’une des soignantes, combien de temps dure l’acte chirurgical, elle me répond environ trois heures avec les actes préparatoires. Ah ! Sous le choc, pensant que l’intervention ne durerait que 20 minutes. Le chirurgien vérifie l’endroit où sera pratiquée la fistule, puis l’infirmière désinfecte mon bras gauche. Environ 40 minutes plus tard, le Docteur revient pour effectuer son travail. Je me retrouve sous un champ opératoire, impression de me retrouver sous une tente surchauffée dont seul mon bras gauche est de sortie. Tellement stressé, je demande à l’infirmière de rester à côté de moi afin que je puisse la voir, elle se souviendra de moi ! L’intervention se déroule sous anesthésie locale, je ne vois rien mais entend tout, le chirurgien préfère que les patients soient conscients, et parait-il que certains s’endorment, mais pas moi, je préfère rester éveillé. Tellement angoissé, que je surveille tout risque de douleur, parfois, je dis « aie ! » et le chirurgien dit de ne pas m’avoir touché, en fait il avait posé un ustensile sur le haut de mon bras non anesthésié, je décortique tout. La seule douleur vraiment ressentie, est lorsqu’il injecte un produit chaud, qui me brûle les doigts de la main quelques secondes, à part ça, aucune douleur. Au bout de quelques minutes, je demande « on commence quand », l’infirmière répond que le chirurgien a déjà effectué l’incision !

11h30, je sors de la pièce médicalisée et retourne dans ma chambre, j’envoie un texto à A. qui n’a pu être présente en raison de l’enterrement de son grand père. Dans le silence de la pièce, j’entends ma fistule pulser, cela est très bizarre. Vers 15h00, je quitte la clinique, avec un arrêt de travail de dix jours auquel je ne m’attendais pas. Dans l’après midi, je ressens des fourmillements et picotements dans ma main, comme si elle était endormie.

Une semaine plus tard, de retour à la clinique, enlever les points de suture, je rencontre le docteur qui vérifie le bon fonctionnement de ma fistule. Elle « trill » fortement, un bon signe. Les fourmillement dureront plusieurs mois.

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