EMISSION « TOUTE UNE HISTOIRE » 21/11/13 : Vivre avec l’organe d’un autre

L’EMISSION « TOUTE UNE HISTOIRE » propose le 21/11/13 à 13 h 50 le thème « VIVRE AVEC L’ORGANE D’UN AUTRE »

Vivre avec l’organe d’un autre

En 2012, un peu plus de 5 000 personnes ont été greffées en France. Les hommes et les femmes que nous recevons ont attendu leur transplantation pendant plusieurs mois, parfois même plusieurs années. Désormais, ils vivent tous avec l’organe d’un autre. Mais quelle sensation cela procure-t-il de sentir battre en soi le cœur d’un étranger ? Ou de se surpasser grâce au rein d’une autre personne, que ce soit sa mère, son frère ou sa propre épouse ?

 

Invités

Marie : après le rejet du rein que sa mère lui avait donné 33 ans plus tôt, son frère lui a donné l’un des siens.

En 1970, Marie a 17 ans et souffre du syndrome d’Alport. Elle doit alors subir une greffe de rein et sa mère lui donne le sien. Cette greffe lui permet de mener une vie normale. Mais 33 ans plus tard, son corps rejette le greffon, et c’est alors son frère qui se porte volontaire pour lui donner l’un de ses reins. Pour Marie, c’est une troisième vie qui s’offre à elle et le don de son frère n’a fait que renforcer une relation déjà très forte.

Marc : chirurgien, il a dû passer de l’autre côté du miroir et subir une greffe du coeur.

En 2002, alors qu’il rentre de vacances, Marc s’écroule. Lui-même médecin, il se dit qu’il fait un petit infarctus. Mais en fait, son coeur est véritablement en train de lâcher. Trois mois plus tard, ses médecins lui parlent en effet de transplantation cardiaque. Malgré des réticences, il se laisse convaincre et reçoit un nouveau coeur le 22 novembre 2002. Il lui faudra du temps et de nombreuses rencontres pour déculpabiliser d’avoir ce coeur appartenant à un autre. Est arrivé le moment où Marc a voulu découvrir l’identité du donneur pour pouvoir remercier sa famille, mais aujourd’hui, il a renoncé à cette idée car cela n’est pas autorisé.

Vincent : il a mal vécu la décision de sa femme de lui donner l’un de ses reins.

Fin juin 2010, les reins de Vincent cessent toute activité. Suite aux examens, la greffe apparaît obligatoire. Immédiatemment, sa femme se porte volontaire pour le don. Dans un premier temps, Vincent refuse mais finit par céder face à sa détermination. Il est greffé le 29 mars 2011. Face à l’hospitalisation de sa femme, Vincent se sent démuni et coupable. Aujourd’hui, Vincent considère le rein que Sylvie lui a donné comme le sien. Mais avec sa femme, il est plus attentif et inquiet depuis l’opération.

Eric : malgré des recherches, il n’est pas parvenu à retrouver la famille de son donneur pour la remercier.

À 6 mois, on diagnostique chez Eric un virus empêchant le bon fonctionnement de ses reins. Une dialyse est effectuée et tout fonctionne normalement jusqu’à ses 12 ans. À ce moment, la greffe devient nécessaire et le donneur est un enfant venant de décéder. Depuis l’opération, Eric vit avec son nouveau rein. Pour lui, l’âme de son donneur vit en lui. Il rêverait de serrer la mère de son donneur dans ses bras, de s’incliner sur la tombe de son donneur. Il a fait des recherches mais n’a jamais réussi à connaître son identité.

Christelle : depuis septembre 2013, elle est inscrite sur la liste d’attente pour une greffe du coeur.

Christelle est née avec une malformation du cœur. Jeune adulte, elle a des complications et doit alors se faire greffer. Depuis le 25 septembre 2013, elle est inscrite sur la liste d’attente. Mais Christelle est partagée. D’un côté, elle espère et attend son nouveau cœur, de l’autre, elle reste angoissée à l’idée de cette lourde opération. Et surtout, Christelle appréhende le fait de ne plus vivre avec son défibrillateur.

Nicole : son fils a donné 5 de ses organes à sa mort.

En février 2002, le fils de Nicole décède lors d’un accident de luge. Sur place, sa mère prend rapidement la décision de faire don des organes de son fils. Le cœur, le poumon, le foie et 2 reins de Jérôme ont été greffés sur des enfants malades et sur un adulte de 27 ans. Pour Nicole, son fils n’est pas mort pour rien : il a donné la vie. Nicole reste persuadée que le don d’organes doit rester anonyme car le receveur ne doit pas se sentir redevable envers la famille.

Chiffres

- Au 1er janvier 2012, 10 627 personnes étaient en attente d’une greffe, dont 9 064 d’un rein.

32% des reins greffés proviennent aujourd’hui de donneurs qui ont plus de 60 ans.

- On dénombre 88 188 patients greffés en France depuis 1991.

 

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